En province de l’Ituri, la riposte à la Maladie à Virus Ebola (MVE) doit constituer une opportunité de renforcer durablement les capacités des zones de santé à prévenir, détecter et répondre efficacement aux épidémies récurrentes. Au-delà de la réponse d’urgence, il est essentiel d’investir dans une préparation pérenne des établissements de santé, en mettant un accent particulier sur le respect des normes de Prévention et Contrôle des Infections (PCI) et de l’Eau, Hygiène et Assainissement (WASH).
Cependant, les évaluations réalisées sur le terrain mettent en évidence des insuffisances majeures qui compromettent la sécurité des soins et la capacité des établissements de santé à faire face aux flambées épidémiques. Dans les zones de santé de Rwampara et de Mongbwalu, de nombreuses structures sanitaires disposent d’infrastructures inadaptées, caractérisées notamment par un accès insuffisant à une source d’eau potable fonctionnelle, l’absence de systèmes appropriés de gestion des déchets biomédicaux, un déficit de latrines conformes certaines étant même utilisées comme fosses à placenta ainsi que l’absence de zones de triage à l’entrée des établissements de santé. À ces insuffisances s’ajoutent un faible niveau d’hygiène et d’assainissement, une disponibilité limitée des dispositifs de lavage des mains, une organisation inadéquate des circuits des patients et des déchets, ainsi qu’une faible application des mesures essentielles de PCI.
Ces faiblesses structurelles augmentent considérablement le risque de transmission nosocomiale de la MVE et d’autres maladies infectieuses à potentiel épidémique. Elles soulignent la nécessité d’une approche intégrée combinant le renforcement des infrastructures WASH, la mise en conformité des établissements de santé avec les standards de PCI, la formation continue du personnel de santé, ainsi que l’institutionnalisation d’une culture de qualité et de sécurité des soins. Une telle approche contribuera non seulement à améliorer la préparation aux futures urgences sanitaires, mais également à renforcer durablement la résilience du système de santé en Ituri.

