La discrimination fondée sur les coutumes demeure l’une des formes de marginalisation les plus fréquentes au sein de nombreuses familles. En Afrique, les filles en sont les premières victimes : beaucoup sont privées d’accès à l’éducation ou aux opportunités socio-économiques au profit des garçons. D’autres se voient contraintes d’interrompre leur scolarité à la suite d’une grossesse non désirée.
L’histoire d’USHINDI La douce en est un triste exemple. Fille aînée de sa famille, elle étudiait en 6ᵉ année secondaire lorsqu’elle est tombée enceinte à l’âge de 20 ans, victime d’abus de la part de son professeur d’informatique. Déçue, sa mère a refusé de continuer à financer ses études. USHINDI avait été obligée d’abandonner ses études. Aujourd’hui âgée de 22 ans, USHINDI élève seule son enfant d’un an et quatre mois.
Le cas d’USHINDI n’est malheureusement pas isolé. FURAHA Ange a elle aussi été enceinte à 17 ans, alors qu’elle était en 5ᵉ secondaire. Orpheline de père et disposant de ressources limitées, sa mère a choisi de réserver ses faibles moyens à la scolarisation de ses frères. FURAHA se retrouve aujourd’hui avec un bébé de 9 mois et un avenir mis entre parenthèses.


Rebecca, par contre, elle, n’a pas été autorisée de poursuivre ses études au motif qu’elle est fille et que son père a décidé de soutenir les études de ses frères.
Face à ces trajectoires brisées par des normes discriminatoires, l’AFPDE, avec le soutien financier de la JMPF, a lancé un projet visant à réinsérer ces jeunes filles mères dans la vie scolaire et à leur offrir une seconde chance afin d’obtenir leur diplôme d’État.
Après une phase d’identification minutieuse, l’initiative de l’AFPDE prend en charge la dotation en fournitures scolaires (cahiers, stylos, sacs à dos, uniformes, etc.), la prise en charge financière (paiement intégral des frais scolaires d’études) .et un suivi pédagogique régulier (installation d’un comité dédié pour veiller au bon déroulement de leur scolarité).
Au total, ce projet cible 75 filles inscrites en 5ᵉ et 6ᵉ années actuelle 3ème et 4ème année secondaire dans les localités de Luvungi, Sange et dans la ville d’Uvira.
Au-delà de l’appui direct aux bénéficiaires, cette initiative lance un message fort aux parents et aux communautés pour faire évoluer les mentalités et mettre fin aux discriminations à l’égard des filles.
