Urgence santé mentale à l’est de la rdc : un réseau local tire la sonnette.

À l’occasion de la 34ᵉ Journée mondiale de la santé mentale, les organisations intervenant dans le secteur à Uvira et à Fizi, dont l’Association des Femmes pour la Promotion et le Développement Endogène (AFPDE), se sont mobilisées ce mercredi 28 octobre 2026.

À travers une séance de sensibilisation à l’Hôpital Général de Référence d’Uvira et une caravane motorisée dans la ville, le réseau a lancé un cri pour briser le silence autour d’un drame trop souvent ignoré : le traumatisme psychologique des populations de l’est de la RDC.

Dans les territoires d’Uvira et de Fizi, comme partout ailleurs à l’est de la République démocratique du Congo, la crise n’est pas seulement physique ou matérielle : elle est profondément psychologique. Les populations subissent un cumul d’épreuves d’une violence inouïe : conflits armés et insécurité récurrente (déplacements massifs, violences sexuelles et basées sur le genre), catastrophes naturelles (inondations répétées, vagues de chaleur), crises sanitaires (épidémies de choléra, de rougeole, d’Ebola, de mpox, etc.), mais aussi crises socioéconomiques.

Sur le terrain, le constat des organisations membres du réseau est alarmant. « Lors des séances d’écoute et de prise en charge, des centaines de personnes (enfants, jeunes, adultes, hommes et femmes) présentent des signes sévères de traumatisme », a indiqué Mme Guillaine WABIWA, psychologue clinicienne à l’AFPDE et l’une des intervenantes de cette journée.

Elle ajoute : « Non soignées, ces blessures invisibles détruisent le tissu social et risquent de se transmettre de génération en génération. Investir dans la santé mentale à Uvira et à Fizi, c’est investir directement dans la reconstruction des familles, la cohésion sociale et l’avenir de toute la région. »

Face à cette crise silencieuse, la réponse humanitaire ne peut plus se limiter aux actions d’urgence. Le réseau exige des actes forts et immédiats de la part du Gouvernement congolais, des agences des Nations Unies, des ONG internationales et des bailleurs de fonds.

L’heure n’est plus au constat, mais à l’action. L’AFPDE et l’ensemble du réseau restent engagés sur le terrain et attendent de leurs partenaires une réponse à la hauteur de cette urgence humanitaire.

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