AFPDE présente les résultats de l’enquête sur la résilience communautaire dans les zones de santé de Nundu, Lemera et Ruzizi

C’était au cours d’un atelier de deux jours qui a réuni quarante leaders locaux venus de zones de santé de Nundu, Ruzizi et Lemera du 11 au 12 février dans la salle de réunion de l’hôtel Furahisha de Sange  que AFPDE a présenté les résultats de l’enquête qu’elle a mené dans ces trois zones de santé ciblées par cette étude.  La question fondamentale était de comprendre comment les membres de la communauté de ces trois zones de santé se prennent-ils en charge après l’intervention d’une organisation humanitaire ? Trois volets ont intéressé cette enquête : la santé, l’eau hygiène et assainissement et la sécurité alimentaire.

Globalement, les résultats de l’enquête ont montré qu’après le départ d’une organisation, la population ou la structure qui a été appuyée retombe  dans la situation initiale d’avant l’arrivée de l’intervention.  Cette situation a pour cause l’impréparation de la communauté dans la résilience ; une  impréparation qui a développé chez la majorité de la population une culture d’attentisme nourrit par l’ignorance de la mise en œuvre des actions communautaires initiées et pilotées par la communauté elle-même au profit de son propre développement.

Même les ouvrages et infrastructures sociales, sanitaires, économiques et hydrauliques qui ont été construites par les ONG au profit du développement local sont détruites au jour le jour par manque d’entretien et d’autres vieillissent avant faute d’un mauvais usage. Combien de robinet qui ne font plus couler de l’eau par ce que les tuyaux ont été détruit ou la source n’a pas été aménagée après départ des ONG ? Combien d’infrastructures construites par les ONG sont vétustes aujourd’hui, parce que la peinture ou le plafond n’ont pas été changé ? Combien de latrines construites dans les écoles, les structures sanitaires et autres lieux publics par les ONG sont dans un état de délabrement total par manque d’entretien ? Combien de ménages   espèrent dans la distribution de vivres et non vivres, plutôt que de cultiver la terre ? Autant d’exemples malheureux évoqués par les participants au cours de cet atelier.   

Outre, les autorités et leaders locaux, au lieu de développer de stratégies de résilience communautaire, ils ont plutôt opté pour les systèmes d’alertes auprès des ONG à chaque fois une crise survienne, ce système vise à obtenir une assistance auprès des organisations humanitaires et caritative. Ce qui n’est pas du tout mauvais dans un monde de partenariat, mais qui n’exclut pas la mise en œuvre des initiatives locales en réponse au vide laissé par les ONGs après leur départ.

Des comités locaux ont été mis en place surtout dans la gestion des infrastructures hydrauliques et dans le domaine de la santé, ce qui est un bon exemple qui devrait être inscrit dans un plan de développement local doté d’un budget local et d’une équipe qui inspire la confiance de toute la communauté.

La population devrait savoir s’auto prendre en charge et mettre à l’esprit que il y aura un temps où les activités des ONG cesseront et les systèmes d’alertes mis en place ne produiront aucun effet positif.

Au vu de ce tableau sombre, les participants ont émis les vœux en recommandant à AFPDE et son partenaire START NETWORK, d’organiser des tels ateliers au niveau provincial avec les acteurs étatiques et non étatiques pour susciter d’en eux la volonté de préparer la population dans la résilience communautaire. En plus, de sensibiliser la population autour de cette question cruciale.

Rappelons qu’AFPDE a réalisé cette étude grâce à l’appui financier du START NETWORK.

Publié dans Santé.

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